Loi hydrocarbures et réunion de David Habib perturbée par des militants


Ce lundi 2 octobre, à 18h, 25 militants des Amis de la Terre, du collectif CAAC, de Alternatiba et ANV-COP21, des collectifs non au gaz de schiste 64 et 65, d’ATTAC et de la France Insoumise se sont invités à la réunion de travail organisée par David Habib à Laroin. En effet, l’élu de la 3ème circonscription avait invité des élus des trois circonscriptions, des industriels, des organisations syndicales et le Pôle Avenia, un lobby pétrolier, afin de les mobiliser largement autour de la dangerosité du projet de loi de Nicolas Hulot mettant fin à l’exploitation des hydrocarbures pour 2040.

Non-violents et respectueux des personnes, les militants ont écouté l’exposé de la loi et les arguments des invités. Puis deux d’entre eux ont pris la parole pour expliquer à nos élus en quoi la poursuite de l’exploitation des hydrocarbures est dangereuse pour notre planète et donc pour nous tous. Les organisateurs n’ont pas souhaité engager le dialogue et ont empêché les citoyens de s’exprimer, quitte à ce qu’un des vigiles arrache le micro des mains d’une personne. Les militants ont alors fait résonner casseroles, sifflets et autre tambours, obligeant les élus à ajourner leur réunion.

Les élus et les industriels ont alors bu un verre et mangé des petits fours alors que la casserolade-tambourinade battait son plein à l’extérieur. Enfin, les invités sont partis sous les huées des militants.

Ce projet de loi, qui entre en débat à l’assemblée nationale ce mardi 3 octobre, est tout d’abord symbolique, la production nationale représente en effet 1% de la consommation française. Il interdit tout nouveau permis de recherche d’hydrocarbures, mais ne dit rien concernant la suite des permis de recherche déjà en cours, qui de ce fait (grâce au droit de suite inscrit dans le code minier) peuvent se transformer en concession. De plus, il ne donne aucune définition des divers hydrocarbures et donc n’interdit pas une future production d’hydrocarbures non conventionnels, mais interdit les techniques d’extraction non conventionnelles.

La fin des énergies fossiles est la « condition sine qua non d’une réponse à la hauteur des défis climatiques : ceux qui s’y refusent se placent dans le camp du déni, celui de Donald Trump. Il est temps de mettre un terme à l’expansion de l’industrie des énergies fossiles et nul ne peut accepter que le projet de loi de Nicolas Hulot ne couvre pas l’ensemble de la (faible) production de pétrole et de gaz en France » selon Maxime Combes économiste et membre d’ATTAC.

Plusieurs ONG ont mis en avant les lacunes de ce projet de loi, et incitent les industriels à penser en terme de transition écologique. La reconversion de nombreux sites industriels pour une production d’énergie vraiment respectueuse de l’environnement serait une manne en termes d’emplois et de retombées économiques pour tous. Il ne s’agit bien entendu pas d’arrêter de prendre sa voiture du jour au lendemain mais de trouver les solutions alternatives afin que nos enfants et petits-enfants puissent vivre dans un monde respirable. Cette transition passe, entre autres, par une sobriété de nos consommations et une volonté de mettre en place des transports collectifs en nombre suffisant et accessibles à tous et partout. Il parait urgent également de réduire le trafic aérien et maritime, ainsi que de repenser nos achats et leurs emballages plastiques (fabriqués à base de pétrole, que l’on ne sait pas recycler et qui se retrouvent partout dans la nature…)

Au niveau local, nous tenons à rappeler que plusieurs permis d’exploration d’hydrocarbures sont en cours dans le nord Béarn, dans le nord des hautes Pyrénées et dans le Gers et couvrent un immense territoire. Cette loi pourrait permettre (grâce au droit de suite qui permet qu’un permis d’exploration devienne une exploitation) que se développent des dizaines de puits de forages dans nos campagnes avec toutes les émissions de substances polluantes, accompagnés de toutes les nuisances connexes (bétonnage des sols, ballet de camions…). C’est pourquoi nous demandons à nos députés d’entendre la voix de leurs concitoyens en s’assurant que le texte de loi soit renforcé, en intégrant notamment des restrictions réelles au droit de suite, pour que la France n’accorde plus aucun permis d’exploitation à l’industrie fossile.

Nous tenons à remercier chaleureusement tous les militants qui se sont déplacés à Laroin ce lundi pour faire passer ce message. En effet, l’information concernant cette réunion est arrivée tard, et pourtant nous étions suffisamment nombreux pour que cette réunion ne finisse pas comme prévu ! Un merci particulier à ceux qui se sont déplacé de loin (Tarbes, Maubourguet, Madiran…)

Enfin, il est peut-être bon de souligner que cette assistance était constituée majoritairement d’hommes blancs quinquagénaires ou sexagénaires… venus avec de grosses voitures rutilantes et autres 4×4… quasiment pas de femmes ni de jeunes… (les jeunes sur les photos sont des militants qui avaient pris place dans la salle). à méditer !